Que dit le Code pénal camerounais sur les violences faites aux femmes ?

Le Cameroun dispose d’un Code pénal qui prévoit des sanctions pour les actes de violence. Mais ce cadre juridique est-il suffisant pour protéger les femmes victimes de féminicide ?

Le Code pénal de 2016 punit l’homicide volontaire de la peine de mort ou de la prison à vie. Il prévoit également des dispositions sur les coups et blessures volontaires, le harcèlement et les violences familiales. Cependant, le terme « féminicide » n’y apparaît nulle part. Cette absence n’est pas anodine : elle prive les magistrats d’un outil juridique qui permettrait de qualifier et de punir spécifiquement le meurtre d’une femme en raison de son genre.

Plusieurs pays africains ont franchi le pas. Le Rwanda, le Kenya et l’Afrique du Sud ont adopté des législations spécifiques sur les violences de genre et le féminicide, avec des peines aggravées et des mécanismes de protection renforcés. Le Cameroun est à la traîne.

Des organisations de la société civile militent depuis des années pour une réforme législative. Elles demandent l’intégration du féminicide comme infraction autonome dans le Code pénal, assortie de peines dissuasives. La loi doit nommer les crimes pour mieux les combattre.

En l’état actuel du droit camerounais, les meurtres de femmes liés au genre se noient dans les catégories générales de l’homicide, perdant leur dimension systémique et politique. C’est une injustice supplémentaire infligée aux victimes.

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