Violences conjugales au Cameroun : quand le foyer devient un danger
Pour de nombreuses femmes camerounaises, le danger ne vient pas de la rue. Il vient de leur propre foyer, de l’homme avec qui elles partagent leur vie.
Les violences conjugales sont le premier stade d’un continuum qui peut mener au féminicide. Coups, insultes, privations, menaces : ces violences s’installent progressivement, isolent la victime et la rendent dépendante de son bourreau. Selon plusieurs associations de défense des droits des femmes au Cameroun, une femme sur trois aurait subi des violences de la part de son partenaire.
Le problème est aggravé par des pesanteurs culturelles tenaces. Dans de nombreuses familles et communautés, la violence du mari est perçue comme une forme d’autorité légitime. Les femmes qui se plaignent sont souvent renvoyées chez leur conjoint par leurs propres parents ou par les chefs de quartier qui préfèrent « sauver le mariage » plutôt que de protéger la victime.
Les structures d’accueil et d’écoute sont insuffisantes. Les femmes qui fuient leur foyer n’ont nulle part où aller. Sans refuges sécurisés, sans aide juridique accessible, sans soutien psychologique, beaucoup finissent par retourner auprès de leur agresseur. Et certaines ne reviennent pas vivantes.
Protéger les femmes des violences conjugales, c’est aussi prévenir les féminicides. C’est un impératif de droits humains qui ne souffre aucun compromis.


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